L'histoire de Monsieur Bienvenu : un cœur grand ouvert
Dès qu’on franchit le seuil de la maison de Monsieur Bienvenu, on ressent instantanément ce que son nom inspire : on est accueilli, sincèrement et chaleureusement.
Avec un regard enthousiaste mais chargé d’histoires, il prévient avec un sourire espiègle : « Si vous voulez connaître ma vie, il faudrait des heures, peut-être même une éternité. La vie m’a fait traverser bien des choses. »
Ce que nous retenons de son récit, c’est avant tout un chemin de résilience. Jeune adulte, après cinq années d’études en santé au Congo, il a dû fuir son pays natal, laissant derrière lui ses parents, sa terre, tout ce qu’il connaissait. Destination : l’Afrique du Sud, où il espérait simplement survivre.
Ironie douce du destin, c’est là, en terre étrangère, qu’il recroise par hasard une jeune femme qu’il connaissait du Congo et qu’il appréciait fort, jadis. Elle aussi avait fui. Ensemble, ils ont tissé une vie, bâti une famille, partagé plusieurs années d’amour.
Monsieur Bienvenu a vécu 25 ans en Afrique du Sud en remplissant sa vie de travail dans les domaines de la santé et de la sécurité. Mais l’insécurité le suivait, sourde et imprévisible.
Un jour, un simple appel a tout bouleversé : sa femme, qui se plaignait de maux de tête, venait de décéder subitement. Rien ne laissait présager un tel drame. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé seul avec leurs quatre enfants. Et pourtant, dans le deuil, il a choisi la vie. Lentement, patiemment, il s’est relevé pour eux.
Puis, Thérèse est entrée dans sa vie. Une nouvelle union, un nouvel espoir. Ensemble, ils ont accueilli un enfant, ajoutant une nouvelle étincelle d’amour à cette famille.
Le 10 avril 2025, Monsieur Bienvenu et sa famille posent enfin leurs valises au Canada, à Victoriaville. Pour lui, c’est plus qu’un changement de pays : c’est un nouveau départ, un rêve de paix et de sécurité.
Et puis, il y a celle que la famille appelle « Mama » Yamilca. Dans ses yeux, elle est bien plus qu’une travailleuse du Comité d’accueil international des Bois-Francs. Elle est un repère, un soutien, presque une seconde famille. C’est vers elle qu’ils se tournent quand ils ont besoin d’un conseil. Lorsqu’elle entre dans leur maison, les enfants courent vers elle avec amour et affection. Elle représente ce qu’une communauté peut offrir de plus beau : la présence, l’écoute, l’amour.
L’histoire de Monsieur Bienvenu nous rappelle qu’il existe des bagages bien plus lourds que ceux qu’on porte en main. Ce sont ceux que l’on porte dans le cœur, tissés d’exils, de pertes et d’espoir.
Aujourd’hui, il rêve d’une chose avec conviction: redonner à la communauté. Il est impatient de s’impliquer, de contribuer, d’enrichir Victoriaville de tout ce qu’il a appris, de tout ce qu’il est.